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Comprendre la néo-gauche réactionnaire

Que se cache-t-il derrière « l’impertinence » ?

Voici un petit commentaire sans prétention basé sur un texte commis par Kévin Boucaud Victoire du PCF93-Bagnolet, notre « impertinent » préféré, qui, outre sa promotion à l’Humanité, sévit désormais du côté du site très réac « Comptoir » (répertorié ici), refuge d’une bonne partie des anciens du non moins réac Ragemag, dont il est l’héritier spirituel.

Le texte dont proviennent les extraits est consultable ici [via donotlink.com, vous pouvez cliquer sereins] : Comprendre et lutter contre l’avènement du néo-capitalisme avec Michel Clouscard

Non pas que notre auteur mérite autant d’attention mais parce qu’il symbolise le glissement vers la droite qui s’opère depuis un certain temps. Les idées réactionnaires s’implantent dans toute une frange de la gauche de la gauche, imprégnée par les discours de maîtres-penseurs et artisans du confusionnisme tels Jean-Claude Michéa ou feu Michel Clouscard. Il convient donc de ne pas ignorer ce phénomène qui permet à des idées rétrogrades habituellement cantonnées à l’extrême droite de s’implanter durablement dans le champ politique.

Le premier élément sur lequel on tiquera, c’est évidemment ce titre : « Comprendre et lutter contre l’avènement du néo-capitalisme avec Michel Clouscard« . Toute ressemblance avec le titre d’un livre d’Alain Soral existant ou ayant existé serait purement fortuite. Décidément, Soral semble être une inépuisable source d’inspiration pour cette néo-gauche réactionnaire. Cette tournure « néo-capitalisme » vient simplement remplacer ce que tonton Soral appelle « l’empire », concept conspirationniste et pour le moins farfelu. « Impertinence » oblige, il y ajoute toutefois la notion de lutte, mais qui est ici complètement stérile vu que, outre la nature inopérante de son analyse, aucune clé n’est donnée. Une fois le condensé de préceptes réactionnaires avalé, nous chercherons vainement une piste tracée pour lutter ou reprendre le chemin de la lutte des classes. On retiendra donc de ce titre, qu’il faudrait juste empêcher l’avènement de ce néo-capitalisme et conserver l’ancien et ses bonnes vieilles valeurs. D’ailleurs, on ne sait pas trop ce qui différencie fondamentalement néo-capitalisme et capitalisme en raison de l’absence d’une explication claire. Nous penserons donc que le rajout du terme « lutter » a pour principale fonction de maquiller la similitude avec le titre « Comprendre l’empire ». Soulignons qu’à la façon d’un Soral, « l’impertinent » a généralement cette tendance à nous abreuver de néologismes, de mots composés ou de mots sophistiqués dans un word dropping assez indigeste et un peu prétentieux. C’est peut-être une leçon qu’il a retenue du gourou d’Egalité & réconciliation pour essayer d’hypnotiser les foules et passer pour un intello.


« Le 21 février 2009 décédait Michel Clouscard. L’anniversaire de sa mort est une excellente occasion pour redécouvrir sa pensée à la fois originale et fidèle au marxisme, qui reste d’une actualité criante. »


Dès l’introduction nous sommes gâtés. Lorsque « l’impertinent » avance que la pensée de Clouscard est fidèle au marxisme, il doit probablement oublier un épithète : révisionniste. Car il s’agit bien d’une pensée qui participe largement d’un courant révisionniste du marxisme. Quant au caractère réactionnaire de cette pensée, il n’a absolument rien d’original.


« le capitalisme a viré à gauche au niveau politico-culturel et a viré à droite au niveau économico-social »


Genius ! Le capitalisme a donc viré à droite au niveau « économico-social« . SRSLY ? Le capitalisme, de droite ? Il nous fallait bien la finesse et l’expertise d’un analyste passé par Natixis pour brandir cette citation mettant en lumière une tendance qui devait avoir échappé à la plupart des observateurs. Quant à ce qui est appelé « virage politico-culturel à gauche du capitalisme » nous verrons la nullité de cette conception fourre-tout, qui se révèle dangereuse étant donné qu’à travers la dénonciation de la société de consommation sont surtout visées les conquêtes émancipatrices, notamment celles des femmes et des minorités sexuelles. Signalons qu’il s’agit là logiquement d’une des vues de Clouscard préférées d’un Soral qui se réclame de la gauche du travail et de la droite des valeurs, sorte d’antithèse et de rempart à la supposée décadence (morale surtout) de la société du « capitalisme libéral-libertaire« .


« Mai 68 : tout est permis, mais rien n’est possible

Si Clouscard s’illustre déjà grâce à sa thèse, L’Être et le code, soutenue en 1972 sous la direction du célèbre sociologue marxiste Henri Lefebvre, c’est l’année suivante que sa pensée se révèle au public avec Néo-fascisme et idéologie du désir. Dans ce pamphlet contre le « freudo-marxisme » (parmi lesquels il classe Gilles Deleuze ou encore Herbert Marcuse), il livre une analyse – imparfaite mais révolutionnaire – de mai 68 et ses conséquences sur la société française.« 


Nous voilà face à cette obsession très soralo-zemmourienne sur mai 68 qui aurait sabordé les bonnes vieilles valeurs traditionnelles de notre beau et cher pays la France éternelle. Evidemment, les progrès que constituent l’affirmation de l’égalité sexuelle, l’IVG pour les femmes, ou la libération des moeurs notamment sur le plan sexuel, voilà qui doit fortement déplaire aux réacs paternalistes de tous poils, dont nos Clouscard, Michéa, Soral ou « l’impertinent ».


« Si le PCF – tout comme la CGT – a soutenu le mouvement ouvrier, le principal mouvement social du XXe siècle rappelons-le, il a longtemps méprisé le mai 68 étudiant, qu’il qualifiait de « bourgeois » et coupable, selon lui, de menacer l’hégémonie du Parti au sein de la gauche de la gauche.« 


Cette tournure ambiguë prête à confusion. Qu’entend-il par principal mouvement social du XXe siècle ? Si c’est le mouvement ouvrier dont il est question, c’est une vérité de La Palice. Considérant tournure et syntaxe, nous saisirons qu’il désigne par là le mouvement ouvrier de 1968. Ainsi donc, il aurait été un mouvement plus important que les grèves de 1936 ou de 1947 ? Au tout début du 20e siècle, il y a également eu de grands mouvements sociaux d’une classe ouvrière de plus en plus déterminée. Si dans l’inconscient collectif mai 1968 tient une grosse place, nous attendrons les éléments matériels qui permettent à « l’impertinent » d’affirmer cela. Par exemple, les grèves de 1936 se sont muées en une situation quasi-révolutionnaire où la bourgeoisie a eu peur de tout perdre (frayeur qu’elle n’a pas eue en 1968). Mais nous y reviendrons.

Rappelons aussi la nature du PCF et la CGT après la seconde guerre mondiale. Si, pour des raisons historiques, ils avaient une forte influence auprès de la classe ouvrière dans laquelle ils étaient très implantés, ils se sont souvent attachés à contenir tout mouvement contestataire et se sont mis à la remorque de la bourgeoisie fréquemment. Rappelons le fameux « Produire d’abord, revendiquer ensuite » de Thorez, qui sera la ligne de la CGT (et du PCF) pendant toute l’après-guerre. En ces années, PCF et CGT se méfiaient des mouvements sociaux et craignaient par dessus tout de se faire déborder par les travailleurs en lutte. Les grandes grèves insurrectionnelles de 1947 en sont le meilleur exemple. PCF et CGT ont joué un rôle éminemment contre-révolutionnaire dès les années trente suite au virage de la stalinisation, et ne l’ont pas quitté une fois la guerre finie.


« Ce « péché originel » de Clouscard ne l’empêche cependant par de tirer les bonnes conclusions quant aux conséquences de ce qu’il nomme « le 1789 des classes moyennes ».

« D’après lui en effet, mai 68 est avant tout la révolution des nouvelles classes moyennes éduquées qui cherchent à devenir dominantes au sein de la société. Il y voit le point culminant d’une ère, qui a débuté avec le plan Marshall. En « aidant » les pays européens, les Américains permettent surtout au Vieux-Continent d’accéder à leur modèle consumériste, qui entre en conflit avec le capitalisme d’État qui a cours à l’époque. Un nouveau marché du désir voit le jour, ainsi qu’une nouvelle classe moyenne. Selon le sociologue, le mouvement étudiant marque l’avènement de cette dernière. Il explique ainsi qu’il s’agit d’une lutte opposant trois personnalités symbolisant chacune une classe dominante différente. Une sorte de jeu de rôle entre « le père sévère (de Gaulle), l’enfant terrible (Cohn-Bendit), le libéral débonnaire (Pompidou) ».« 


« L’impertinent » reprend cette référence à 1789 quelque peu confuse, car nous ne savons pas si nous devons finalement comprendre que 1789 aurait été plus qu’une révolution profitant à une bourgeoisie qui se trouvait à l’étroit dans les carcans de l’Ancien Régime. Le petit Kévin devrait sérieusement réviser son marxisme pour éviter toute ambiguïté sur le sujet, surtout qu’il affirme derrière que les conclusions de Clouscard sont les bonnes. On devrait donc comprendre que la « révolution des classes moyennes » a été victorieuse, tout comme celle de 1789 (pour qui ? On ne saura jamais). Notons aussi qu’au travers de son exégèse, il semble approuver le concept flou de classes moyennes. Citons simplement ce passage du Manifeste : « Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. » Dans quel ensemble placer « les classes moyennes éduquées » alors ?

Nous observons une constante chez « l’impertinent », c’est la faiblesse de sa conception matérialiste, voire son inexistance. Ainsi, lorsqu’il parle de « capitalisme d’État qui a cours à l’époque » en France, nous ne savons pas sur quoi se base-t-il. Ensuite, il avance que ce capitalisme d’Etat serait en opposition avec un capitalisme basé sur un « modèle consumériste », là encore, sans fournir le moindre élément de compréhension. Nous verrons qu’il tape à côté, et que sa perception est totalement dénuée de matérialisme.

Enfin, ce passage se conclut sur une révélation capitale : il n’y aurait pas une classe dominante, mais trois, chacune représentée par une personnalité différente.  Nous nous demanderons donc combien peut-il exister de prolétariats différents.


« les bases de sa critique du nouveau visage du capitalisme, qu’il qualifiera de libéral-libertaire »


C’est encore une idée que tous les réactionnaires à la Zemmour se sont appropriés. Ce type d’analyse pourrait laisser croire que l’idéologie libertaire serait indissociable du libéralisme, et qu’elle serait l’idiot-utile du capitalisme, ce qui est une pure construction sophistique. Cette réalité n’existe que dans les têtes tordues de nos réacs : historiquement, le libéralisme économique a toujours été accompagné par un conservatisme des moeurs. « Printemps français » et « manif pour tous » sont des avatars contemporains de cette tendance, bien que par opportunisme, ils feignent de s’inquiéter parallèlement de la condition des ouvriers de Peugeot à Aulnay par exemple.


« Pour Clouscard, le mai 68 étudiant est « l’alliance sournoise du libéral et du libertaire pour liquider le vieux, qui a dû s’en aller ». En effet, si le président de la République de l’époque représente la bourgeoisie traditionnelle, dont les valeurs servent de rempart au capitalisme fou – sans pour autant représenter une alternative anticapitaliste –, il n’en va pas de même pour les deux autres protagonistes. L’ancien Premier ministre, et ex-directeur général de la banque d’affaires Rothschild, préfigure le néolibéralisme, c’est-à-dire le capitalisme inhumain qui asservit les hommes en les soumettant au désir compulsif de consommer.« 


N’en jetez plus, le bon vieux capitalisme à la papa était donc humain. Visiblement notre ami « impertinent » n’a pas idée de ce que pouvait être la condition ouvrière du début du 20e siècle, ou même de l’après-seconde guerre mondiale. On aurait aimé le voir ouvrier dans les usines Renault de Billancourt à la fin des années 40, subir le rationnement, et ainsi jouir du « capitalisme humain ».

Pour ce qui est du cas de la France, Nous rappellerons que le capitalisme de l’après Seconde Guerre Mondiale était adapté aux besoins de la reconstruction, notamment des infrastructures. Une reconstruction que seul un Etat fort et un capitalisme productif et industriel pouvaient assurer (dans un ordre bourgeois). La crise du Gaullisme et donc mai 68 correspondent à la fin de cette phase de reconstruction. Ce que « l’impertinent » appelle le « capitalisme inhumain », c’est celui de l’ère où la croissance diminue et où le capital cherche d’autres débouchés, au travers de la finance et de la spéculation. Cette mutation s’est déjà déjà produite au cours de l’Histoire, comme au début du 20e siècle, ou encore dans les années trente. Peu sensible au matérialisme, « l’impertinent » préfère penser que le « néolibéralisme » est incarné par Pompidou « ex-directeur général de la banque d’affaires Rothschild« . Néolibéralisme, banque Rothschild, ne manquent alors que des termes comme oligarchie et bankster, pour retrouver un champ lexical cher à l’extrême droite…


« La libéralisation totale des mœurs qu’il prône permet d’émanciper les Français des vieilles valeurs – certes parfois étouffantes –, pour les soumettre à l’idéologie de la consommation de masse. Ce libertarisme – qui n’a pas grand-chose à voir avec le libertarisme authentique – défend une libéralisation de la conscience de classe au profit de l’assouvissement des envies. La séduction du capitalisme peut enfin atteindre son apogée et l’illusion consumériste paraît indépassable. Mai 68 annonce alors le partage du gâteau entre les trois pouvoirs du consensus suivant : social-démocrate, libéral, libertaire. Au premier, on laisse la gestion administrative, au second la gestion économique, enfin au dernier celle des mœurs nécessaires à l’avènement d’un marché du désir. La conséquence est un asservissement sans précédent dans une société où tout semble permis mais où, en réalité, rien n’est possible.« 


Et voilà, encore cette fameuse dissociation « progrès social » et « progrès sociétal », une négation totale de l’histoire du mouvement ouvrier : Si des dirigeants du mouvement ouvriers sexistes ou racistes ont toujours existé, il est bon de rappeler que les mouvements de masse majeurs ont toujours été source d’émancipations pour les minorités.
La Commune de Paris donne le droit de vote et d’être élue aux femmes et aux étrangers.
La Révolution russe, elle aussi ouvre les droits politiques aux femmes, légalise le divorce, l’homosexualité et l’IVG, met fin aux pogroms, etc.
C’est, par contre, la contre-révolution stalinienne qui reviendra sur chacune de ces avancées, glorifiant la famille, l’armée, etc.

Historiquement, le mouvement ouvrier a donc permis de mettre fin à des oppressions subies par des minorités, ethniques ou sexuelles. Voilà pourquoi la vieille morale a toujours été combattue. Et c’est l’avènement de Staline qui provoque un tournant rétrograde influençant une importante fraction de la classe ouvrière. Staline ayant une vision réactionnaire de le famille, dans les années trente, le retour à l’ordre moral et aux vieilles valeurs devient une des lignes du komintern, dont la propagande est assurée en France par le PCF, la CGT et l’Huma qui se chargent de la diffuser dans les classes populaires.

Du reste, sur ce point encore, c’est une vision que « l’impertinent » partage avec Alain Soral. Notre bigot est probablement frileux sur la question de l’évolution des moeurs, lui qui avait du mal à dissimuler son hostilité à l’égard du mariage gay (bien que, culotté, il ait déclaré par la suite avoir soutenu le mariage pour tous).

Puisque notre « impertinent » se dit communiste, nous l’inviterons à lire ce texte vieux de 95 ans d’Alexandra Kollontaï, révolutionnaire et militante communiste et féministe à la pensée déjà plus évoluée que celle notre « impertinent », avec sa tête remplie de toile d’araignées : La famille et l’Etat communiste. Si besoin en était, il prouve encore une fois que la dissociation « progrès social » et « progrès sociétal », dont certains intellectuels ont fait leur fonds de commerce, est une vaste duperie.


 

« Cette combinaison a permis l’installation d’une « social-démocratie libertaire », qu’il nomme également le « libéralisme libertaire ». C’est un système en constante révolution : l’ancienne description marxiste d’un capitalisme en mouvement perpétuel [iii] détestant la stabilité devient plus que jamais d’actualité. »

ainsi que la note :  » [iii] « Cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes » écrivent Karl Marx et Friedrich Engels dans Le Manifeste du Parti communiste (1848). »


 

L’amputation de la citation du Manifeste du Parti communiste notée en [iii] relève de la truanderie. En effet, c’est de la production dont il s’agit quand Engels et Marx parlent de cette agitation et cette insécurité perpétuelles. 


[citation clouscard]  » « L’État a été l’instance superstructurale de la répression capitaliste. C’est pourquoi Marx le dénonce. Mais aujourd’hui, avec la mondialisation, le renversement est total. Alors que l’État-nation a pu être le moyen d’oppression d’une classe par une autre, il devient le moyen de résister à la mondialisation. C’est un jeu dialectique. » « 


A grand renfort de citation, « l’impertinent » fait donc passer son message patriotique et chauvin. L’Etat-nation serait donc l’ultime rempart contre la « folie » du « néo-capitalisme » [n.d.l.r. des élites apatrides mondialisées]. Vu qu’on reste encore sur notre faim, il faudra tout de même qu’il nous explique sur quoi repose le « néo-capitalisme » et ce qui le différencie fondamentalement de « l’ancien » capitalisme, ce bon vieux capitalisme à la papa qui semble avoir ses faveurs. Sur cette question de l’Etat bourgeois et de la nation, il faut une nouvelle fois renvoyer le petit Kévin à son communisme (puisqu’il s’en réclame), et lui rappeler Le Manifeste (en fait, peut-être devrait-il tout simplement le lire) :

« Déjà les démarcations nationales et les antagonismes entre les peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l’uniformité de la production industrielle et les conditions d’existence qu’ils entraînent.

Le prolétariat au pouvoir les fera disparaître plus encore. Son action commune, dans les pays civilisés tout au moins, est une des premières conditions de son émancipation. »

Précisons à nouveau que la pensée de Clouscard a épousé une ligne révisionniste du marxisme adoptée par le PCF depuis les années trente. La question de la souveraineté nationale y tient une place importante. Aux yeux de « l’impertinent », naïf, les écrits de Clouscard doivent certainement abroger le Manifeste, texte fondateur du courant communiste.


« Clouscard a cependant su dépasser la simple analyse pour proposer également des solutions. Étonnamment, pour un marxiste, la défense de l’État-nation fait partie de ses combats, sans jamais verser pour autant dans un quelconque nationalisme. » 


Nous soulignerons ici la malhonnêteté intellectuelle de notre impertino-communiste, en rappelant tout d’abord quelques éléments de définition du nationalisme extraits de dictionnaires : « Le nationalisme est un principe politique, né à la fin du XVIIIe siècle, tendant à légitimer l’existence d’un État-nation pour chaque peuple » ; « Sentiment qui consiste dans l’exaltation de l’idée nationale, doctrine politique basée sur ce sentiment » ; « Théorie politique qui affirme la prédominance de l’intérêt national par rapport aux intérêts des classes et des groupes qui constituent la nation ou par rapport aux autres nations de la communauté internationale« . Ensuite, rajoutons que cette supercherie est un grand classique de la gauche souverainiste qui ne supporte pas de se faire qualifier de nationaliste, terme qu’elle juge infamant, bien qu’elle en ait tous les attributs.


« Depuis la Révolution de 1789, les grandes avancées n’ont été obtenues que par l’État-nation. Son dépassement n’est donc, actuellement, pas souhaitable. »


Alors là, notre « impertinent » sombre en plein révisionnisme, ou peut-être est-ce plutôt le vernis intello qui se craquelle, et étale-t-il tout simplement sa profonde méconnaissance de l’histoire du mouvement ouvrier. Le meilleur conseil que nous pourrions lui donner c’est de s’intéresser à la période de 1936 – dont la gauche réformiste nous rebat les oreilles – où le gouvernement de Front populaire fut le sauveur de l’ordre de bourgeois : les concessions faites aux travailleurs en grève générale ne le furent que dans le but d’éviter que la mobilisation ne vire à la révolution. Rien de tel que de rappeler les propos de  Léon Blum lui-même pour démythifier l’action du Front populaire et donc révéler la vraie nature du réformisme. Lors de son procès en mars 1942, Léon Blum expliqua comment il avait sauvé l’ordre bourgeois :

« Je vous demande messieurs de vous souvenir. Rappelez-vous que les 4 et 5 juin, il y avait un million de grévistes. Rappelez-vous que toutes les usines de la région parisienne étaient occupées. Rappelez-vous que le mouvement gagnait d’heure en heure et de proche en proche la France entière (…). La panique, la terreur étaient générales. Je n’étais pas sans rapports moi-même avec les représentants du grand patronat… Je me souviens qu’on me disait ou me faisait dire par des amis communs : Alors quoi ? c’est la révolution ? Alors quoi ? Qu’est-ce qu’on va nous prendre ? Qu’est-ce qu’on va nous laisser ? » Puis Blum de citer Albert Lebrun, alors président de la république : « les ouvriers ont confiance en vous. Puisque vous ne pouvez convoquer la Chambre avant samedi, et que certainement dans votre déclaration ministérielle vous allez leur promettre le vote immédiat des lois qu’ils réclament, alors, je vous en prie, dès demain, adressez-vous à eux par la voie de la radio. Dites-leur que le Parlement va se réunir, que, dès qu’il sera réuni, vous allez lui demander le vote rapide et sans délai des lois dont le vote figure sur les cahiers de revendications en même temps que le relèvement des salaires. Ils vous croiront, ils auront confiance en vous, peut-être ce mouvement s’arrêtera-t-il ? »

Ayant craint le pire face à l’ampleur de la mobilisation, la bourgeoisie avait donc cédé les 40 heures, les congés payés et des augmentations substantielles de salaire. Ces concessions ont simplement été ratifiées par le Front populaire qui avait évidemment trouvé le soutien de la droite pour l’occasion puisqu’il s’agissait de sauver l’ordre bourgeois. « L’impertinent » tord donc une nouvelle fois les faits en affirmant que « les grandes avancées n’ont été obtenues que par l’État-nation ». Et il en est ainsi pour tout ce que la gauche réformiste petite-bourgeoise aime ranger dans la case du « progrès social ». Ces conquêtes sont en fait toutes des concessions arrachées à la bourgeoisie et au grand capital au fil des luttes menées par les travailleurs. Si ces avancées arrachées ont été validées dans les parlements des institutions de l’Etat bourgeois par des politiciens, ces derniers n’en sont absolument pas les artisans.


« Le capitalisme libéral ne s’exprime, dans sa forme moderne, qu’à travers la mondialisation et l’Union européenne qui détruisent toutes les marges de manœuvre économique.« 


On retrouve toujours ces vieilles rengaines chauvines sur le libéralisme,  la mondialisation et l’Union Européenne. Que ce soit à DLR, à l’UPR ou au FN, on nourrit les mêmes obsessions du côté des droites, radicale et extrême, souverainistes. En revanche, en bon souverainiste lui aussi, « l’impertinent » évite toujours soigneusement de s’en prendre à la classe dominante et à sa propriété vu qu’avant tout il respecte profondément la légalité bourgeoise. Quand il nous parle des marges de manœuvre économique, c’est littéralement de la bouillie réformo-souverainiste.

Et « l’impertinent » de nous réciter ses mantras très chevènementistes dans un style qui laisse à désirer :


« Voilà pourquoi Clouscard, comprenant le danger de la monnaie unique, s’engage avec le PCF contre le traité de Maastricht et pour la défense de la souveraineté nationale, seul fondement de la souveraineté populaire.« 


Cette dernière maxime (bancale du fait de la répétition) relève du nationalisme, et n’invite vraiment pas à reprendre le chemin de la lutte des classes. C’est encore une tromperie bien dans la tradition des trahisons du PCF : faire d’une structure bureaucratique étrangère l’ennemi n’a pour une unique but que de dédouaner et d’épargner la bourgeoisie, bien française elle.


« Alors que le capitalisme organise la dérégulation de la morale »


Le mot est lâché. Notre « impertinent » bigot est froissé par l’évolution de la société sur le plan de la morale, jugeant que c’est une dérive, causée par le capitalisme. Il rentre en plein ici dans un de ses espaces favoris, le champ réactionnaire, nous prouvant qu’il n’y a pas de miracle à attendre d’un bigot, fusse-t-il de gauche.


 

« Pour finir, afin de résoudre les contradictions posées par les conflits de classes, il propose la création d’une « chambre des représentants du monde du travail » où seraient débattues les grandes options de la société. Ce « parlement du travailleur collectif » aurait pour but de permettre une autogestion démocratique de l’ensemble des travailleurs. »


 

En fouillant bien, nous trouverons tout de même ce que « l’impertinent » voit comme une piste de lutte contre l’avènement du néo-capitalisme. Nous comprendrons que Clouscard revisite ici le système des soviets à la sauce réformiste. Leur lutte se limitera donc à attendre que la création de conseils provienne de l’Etat bourgeois, suite à un succès électoral d’un quelconque parti de gauche. Vaste programme.


« Intellectuel très en avance sur son temps, Michel Clouscard a cependant été marginalisé au sein de son propre camp, qui lui a préféré son rival Louis Althusser. Au point de laisser le monopole de sa postérité au national-socialiste Alain Soral, qu’il a pourtant tenu à désavouer dans les colonnes de l’Humanité avant sa mort en expliquant notamment ne l’avoir « jamais désigné comme héritier »« 


Clouscard en avance sur son temps ? Vu comme la réaction a le vent en poupe actuellement, il nous sera difficile ici de contester cette affirmation de « l’impertinent ». Et si Soral n’a pas été désigné officiellement héritier, c’est bien lui qui incarne la succession de cette pensée. Mais c’est cocasse de voir notre « impertinent » feindre de s’en prendre à Soral, alors que, fasciné par le « polémiste », il s’approprie nombre de ses points de vue.


« Si Clouscard, qui ignorait (voire méprisait) complètement les problématiques écologiques ou les combats dits « minoritaires » (féminisme, antiracisme, etc.),  n’est pas exempt de critiques, son apport reste essentiel.« 


Voilà qui rapproche Clouscard de notre « impertinent », hostile au mariage pour les personnes de même sexe ou à la PMA, combat du « libéralisme-libertaire » qu’il jugeait forcément d’arrière-garde. Encore une fois, Soral est sur la même ligne. Ces joyeux drilles diviseront toujours le progrès.


« Il a en effet été le premier à comprendre ce que – deux décennies après lui – Luc Boltanski et Ève Chiapello ont nommé « le nouvel esprit du capitalisme ». En percevant dans la montée du libéralisme-libertaire l’avènement d’une classe moyenne éduquée et urbaine soumise à ses désirs et à sa libido, le philosophe préfigure la littérature houellebecquienne.« 


Assouvir désirs et libido, voilà qui doit être insupportable à notre théophilo-gauchiste. Nous relèverons une nouvelle mystification avec la convocation de Luc Boltanski : inscrire le sociologue dans la lignée de Clouscard participe de la plus grande des escroqueries, particulièrement en l’associant à cette notion de critique du « libéralisme-libertaire », lui qui dénonce fermement la droitisation des idées.


« On retiendra donc surtout de lui qu’il a su comprendre que la libéralisation des mœurs prônée par la petite bourgeoisie, sans remise en question du capitalisme, rejoint la fausse liberté de consommer défendue par la grande bourgeoisie.« 


Construction sophistique là encore. Mais répéter une sottise ne la transforme pas pour autant en vérité. On aura saisi la pensée de « l’impertinent » pour qui la libéralisation des moeurs ne serait qu’une revendication propre à la « petite bourgeoisie« . Relevons ici que le terme petite bourgeoisie a remplacé classes moyennes éduquées. Si l’on retranche ce qu’il appelle les classes moyennes (dont on a eu aucune définition matérialiste en passant) du prolétariat, la classe productrice se retrouve archi-minoritaire. Autre point interpellant qu’il convient de contrer, la grande bourgeoisie ne défend pas la liberté de consommer mais sa propriété bourgeoise et sa liberté d’exploiter. C’est une notion matérialiste du marxisme le plus élémentaire.

Enfin, nous constaterons que l’absence de recul de notre « impertinent » sur le cas Clouscard est frappante : il semble ignorer que le philosophe « marxiste » n’avait pour dessein que la légitimation d’un PCF déclinant de l’ère post-stalinisme et qui avait fini de renier complètement la pensée de Marx – notamment en abandonnant toute référence à la dictature du prolétariat. Clouscard n’a eu de cesse de coller coûte que coûte à la ligne du parti. En clair, sa pensée n’était absolument pas libre et servait plus de caution intellectuelle à la propagande d’un PCF qui avait fini de trahir la classe ouvrière depuis longtemps déjà.

Mais derrière cette obsession à défendre Clouscard se cache surtout un penchant pour les vieilles idées réactionnaires bien dans l’air du temps. Dans ce domaine, « L’impertinent » fait preuve d’une certaine constance, c’est le moins que l’on puisse dire.

 

Remerciement :

Les Morbacks Véners remercient fraternellement Spanish Bombs pour sa précieuse contribution.

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BONUS, nos desserts à nous : les liens dangereux de l’article

En fin d’article, notre « impertinent » recommande des liens dans la section « Nos Desserts« . Nous y avons trouvé quelques perles :

– Un lien vers les éditions Delga qui éditent entre autres l’historienne stalinienne aux méthodes contestables Annie Lacroix-Riz, membre par ailleurs du parti rouge-brun le PRCF et du Réseau Voltaire de Thierry Meyssan. Derrière « Le site des Éditions Delga qui rééditent la majorité des livres de Clouscard » se cache donc le lien : h*ttp://editionsdelga.fr/les-auteurs/

– Un lien vers le site des rouges-bruns du PCF-bassin d’Arcachon, une section à l’orientation stalinienne, qui verse dans le confusionnisme et le conspirationnisme et relaie entres autres les nationalistes du Comité Valmy ou Michel Collon. Derrière « Le Front National n’aura pas Clouscard » se cache donc le lien : h*ttp://www.pcfbassin.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=10595:le-front-national-naura-pas-michel-clouscard-par-christian-riochet&catid=82:actualites-2013

– Un lien vers le blog « laïcard belge » renommé depuis « République & Révolution – Blog de Galaad Wilgos » (Galaad Wilgos, sévissant aussi sur Comptoir…) à l’orientation pour le moins confuse. Sa blogroll est d’ailleurs assez indigeste vu qu’on y retrouve un peu tout et n’importe quoi dont des pseudopodes de Riposte laïque comme h*ttp://laic.info/ . Derrière « Le passage du libertaire au libéral, témoignage d’Anselm Jappe sur le blog de Galaad Wilgos » se cache donc le lien : h*ttp://laicard-belge.blogspot.fr/2012/03/le-passage-du-liberal-au-libertaire.html

 

12 réflexions au sujet de « Comprendre la néo-gauche réactionnaire »

  1. Ccounts

    Ecoutez, les antifas… Autant K. Boucaud-Victoire m’a l’air suspect, comme tous ceux qui aiment Clouclou, et autant le confusionnisme est mortifère, j’ai envie pourtant de dire que vous poussez le bouchon un peu loin. Vous ériger ainsi en gardiens du marxisme est au mieux comique, au pire insultant. Vous haïssez le marxisme, vos prédécesseurs aussi, et ce dès l’origine! Et peut-être avez-vous d’excellentes raisons pour le faire, je ne me prononce pas là-dessus. Mais donner ainsi des leçons de conception matérialiste de l’histoire à d’autres marxistes – même révisionnistes – est de votre part assez grotesque, pour ne pas dire pire. Comme vos accointances avec le NPA… Beaucoup de vos positions sont irréconciliables, et cette alliance de la carpe et du lapin vous conduira tôt ou tard à des échecs idéologiques voire militants irréversibles.

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    1. Soliranparis

      Lol Lol Lol

      disons lui la phrase qui tue à coup sec le conspi , cet oxymore incarné au cerveau mononeuronal.

      « Comme vos accointances avec le NPA »

      C’est forcément vrai puisque jusqu’à présent personne (et surtout pas vous Ccounts) n’a pu prouver le contraire

      « Vous haïssez le marxisme »

      C’est forcément vrai puisque jusqu’à présent personne (et surtout pas vous Ccounts) n’a pu prouver le contraire.

      « Vous ériger ainsi en gardiens du marxisme est au mieux comique »

      C’est forcément vrai puisque jusqu’à présent personne (et surtout pas vous Ccounts) n’a pu prouver le contraire.

       » Mais donner ainsi des leçons de conception matérialiste de l’histoire à d’autres marxistes – même révisionnistes – est de votre part assez grotesque »

      C’est forcément vrai puisque jusqu’à présent personne (et surtout pas vous Ccounts) n’a pu prouver le contraire.

      Et surtout votre Dialectique Ccounts c’est pas avec elle que l’on va casser des brique.

      Répondre
  2. saka

    Reactionnaire, soralien, zemmourien, etc… vos arguments de quasi-mongolien font toujours autant rigoler. Je me demande à quoi sert un antifa finalement, à part cracher sur tout ce qui pense differemment qu’eux.

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    1. Pedrolito Pedrolito Auteur de l’article

      « Police de la pensée », « pensée unique », « liberté d’expression », « liberté de penser », patati, patata… Merci on a l’habitude. NEXT !

      Répondre
    2. Soliranparis

      « Je me demande à quoi sert un antifa finalement »

      Next please aussu

      Les Antifas ça sert à vous dégager de nos rues les Reactionnaires, soraliens, zemmouriens.

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      1. Zobi

        Ce serait pas des méthodes un peu fascistes ça? On s’en fout, on parle pas avec un fasciste, on cogne. Mais au fait c’est quoi un fasciste?

        Répondre
  3. Milou

    « Le premier élément sur lequel on tiquera, c’est évidemment ce titre : « Comprendre et lutter contre l’avènement du néo-capitalisme avec Michel Clouscard« . Toute ressemblance avec le titre d’un livre d’Alain Soral existant ou ayant existé serait purement fortuite. »

    On attend avec impatience vos recensions des ouvrages suivants :
    Comprendre l’autisme pour les nuls (J. Schovanec & C. Glorion)
    Comprendre et reconnaître la fibromyalgie pour mieux la soulager (A. Dumolard)
    Comprendre le pouvoir (N. Chomsky)

    Soral utilise beaucoup la lettre « E » dans ses livres. C’est pourquoi Georges Perec est l’unique véritable anti-soralien. Tout le reste, c’est Réaction & compagnie.

    Répondre
    1. LePierrack

      haha tu m’as fait gol-ri, négro, mais ceci dit nier la teneur quelque peu réactionnaire de la pensée de Clouscard serait inexact .. tout comme faire un lien trop facile avec ce bouffon d’Alain Soral.
      En effet, Clouscard a tout de suite pris ses distances avec l’interprétation qu’a fait Soral de ses écrits : http://www.humanite.fr/node/368670
      Ceci dit le problème est surtout dans la récupération de la pensée du bonhomme (que je trouve, à titre personne, intéressante bien que je ne sois pas tout à fait d’accord) par des individus fort peu recommandables.

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  4. Ping : C’est quoi le fascisme? | Les Enragés

  5. Lel

    Vous n’avez, malheureusement, pas su saisir le détournement , qu’a subi l’oeuvre de Clouscard.
    Parce que subversive et comme toute pensée (détournable), Soral, en bon businessman, édite son oeuvre.
    Soral édite Clouscard parce que c’est subversif et c’est bien connu le rebelle fait vendre.
    Idéologiquement, (pour faire simple) Clouscard n’a jamais été contre le progrès sociétal intrinsèquement mais a critiqué l’utilisation du « sociétal » pour masquer le progrès social. Ca se vérifie aujourd’hui: Dans les médias mainstream, quasi-inexistance des débats liés à la question sociale et prééminence de débats sociétaux (islam en france, mariage pour tous, débat sur l’identité nationale pour ne citer que ça).
    Clouscard fait la critique des libéraux-libertaires (de droite sur la question social et progessistes sur les question sociétales), mais il faut bien comprendre que ça ne veut pas dire qu’il n’est pas progessiste sur les questions sociétales. Or Soral (cf « gauche du travail, droite des valeurs) détourne sa critique en l’utilisant pour son idéologie réac (cf Vers la féminisation, virilisme). De plus Clouscard se dit « aux antipodes » de Soral: http://www.humanite.fr/node/368670

    Evidemment que Clouscard plait au fafs, car il tape sur la (fausse)-gauche:
    http://www.dailymotion.com/video/x117cgf_avec-clouscard_news
    cf Radio Galère sur Michel Clouscard

    « Le néo-fascisme sera l’ultime expression du libéralisme social libertaire, de l’ensemble qui commence en Mai 68. Sa spécificité tient dans cette formule : « Tout est permis, mais rien n’est possible. » [ Puis ], à la permissivité de l’abondance, de la croissance, des nouveaux modèles de consommation, succède l’interdit de la crise, de la pénurie, de la paupérisation absolue. Ces deux composantes historiques fusionnent dans les têtes, dans les esprits, créant ainsi les conditions subjectives du néo-fascisme. De Cohn-Bendit à Le Pen, la boucle est bouclée : voici venu le temps des frustrés revanchards. » Les Trente Honteuses, 30 avril 2002 – Journal l’Humanité

    Ps:

    Il faut aussi comprendre que (parce que ça peut être blessant) les libéraux-libertaires n’ont de libertaire que les opinions sociétales( cf Cohn-Bendit)

    Répondre

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