Archives pour la catégorie Racisme

choulet12

SAV des néonazis et dénonciation de sans-papiers : le journalisme selon Edouard Choulet

Des hackers antifas allemands ont récemment publié des données provenant de boites mail de militants néonazis européens parmi lesquels figure Julien Bettoni, actif dans le milieu bonehead franc-comtois.

Ce sont les échanges entre Edouard Choulet, journaliste de l’agence de communication Groupe Publipresse qui publie notamment « La Presse Bisontine », et le militant néonazi qui ont attiré notre attention.  Datés de 2011, les courriels reproduits ci-dessous révèlent une certaine connivence entre nos deux compères, c’est le moins que l’on puisse dire.

Dans un de leurs premiers échanges, on est frappé par l’offre de Choulet :

« Jamais je ne ferai l’apologie du nazisme, mais je propose par l’intermédiaire de l’article de permettre aux lecteurs de connaître votre mouvement, ce qu’il porte comme idée« .

Par l’intermédiaire de son mensuel, le journaliste, prévenant ne pas vouloir faire l’apologie du nazisme, ne propose rien de moins que de relayer la propagande du groupuscule néonazi pour mieux la faire connaître aux Bisontins. Voici une capture de ce mail envoyé par Choulet à Bettoni :

Edourad Choulet se tient à la disposition de Julien Bettoni pour relayer sa propagande nazie

Edouard Choulet se tient à la disposition de Julien Bettoni pour relayer sa propagande nazie

Choulet dit ne pas vouloir «tomber dans la caricature» : voilà un écueil difficile à éviter quand on veut traiter du cas Bettoni, prototype même du néonazi ultraviolent. Entre agressions racistes, hooliganisme ou actes de vandalisme sur des mosquées, Julien et son frère Marc, bien connus dans la région, ont un beau pedrigree. On les voit sur la photo ci-dessous avec leur charmante bande de copains du Blood & Honour – Combat 18 France, un groupe qui se revendique terroriste. En mai 2014, les interpellations des deux frères furent conduites sous le commandement d’une section antiterroriste de la gendarmerie dans le cadre des opérations du démantèlement de leur réseau, comme le relate cet article de L’Est républicain.

localrk2

Le sympathique Julien Bettoni (en haut à gauche) et son frère Marc (au milieu) ici avec leur joyeuse bande du Blood & Honour – Combat 18 France

Edouard Choulet semble très fier de raconter son principal fait d’arme à son néonazi d’interlocuteur, comme pour le séduire et lui signifier en même temps qu’ils ont les mêmes ennemis, « ces petits bourgeois et cocos ». En effet, dans une « enquête » parue dans le numéro d’octobre 2010 de La Presse Bisontine (via do not link), Choulet avait donné des nouvelles de Siva, qui ne cherchait qu’à se faire oublier des autorités qui lui avaient lâché un peu les basques à ce moment. Choulet ne s’était pas présenté à Siva en tant que journaliste, et ne lui avait bien entendu pas signifié qu’il comptait faire de cet entretien un article. Siva, sans-papier bien connu de la ville et de ses habitants, était alors sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. L’article avait alerté la préfecture qui, peu de temps après, procédait à l’arrestation de Siva en vue de son expulsion. A l’époque, certains militants avaient avancé que Choulet avait lui-même fourni à la préfecture l’adresse où se cachait Siva. Visiblement plus touché par ce qu’il a ressenti comme un lynchage plutôt que par le fait d’envoyer quelqu’un dans un centre de rétention administrative en vue de son expulsion, nous voyons ici le journaliste tenter de se rapprocher du milieu néonazi avec lequel semble s’installer une certaine connivence.

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Suite à l'arrestation de Siva, Choulet ne s'est pas fait que des amis dans les milieux militants et associatifs bisontins, ces "cocos et petits bourgeois". A noter qu'envoyer quelqu'un en rétention administrative relève de "l'anecdote" pour notre journaliste. cela en dit long

Edouard Cholet propose d’assurer le SAV du groupuscule néonazi. S’il met un peu d’eau dans son vin, un brillant avenir lui est promis du côté de Minute où il pourra être responsable de la communication du FN

 « Vos réponses apportent un éclairage. La partie sur M; Le Pen est intéressante. il y a certains pont que j’aurai aimé développer comme ceux-ci :
A quelle date avez-vous reçu l’invitation de Le Pen ? Votez-vous FN ? » [sic]
Si besoin était, les courriels du journaliste nous éclairent au passage sur les liens que peuvent entretenir ces groupuscules les plus radicaux et le FN, le grand parti de l’extrême droite française.
Ensuite, déontologie et conscience professionnelle obligent, Edouard Choulet ne pouvait passer à côté d’une question fondamentale, sur laquelle les lecteurs francs-comtois doivent certainement s’interroger fortement : 
« Pensez-vous effectivement qu’il y a trop de kebabs à Morteau ? »

Puis notre journaliste souhaite poser des questions au néonazi pour connaître des positions que lui seul doit ignorer :

« Que pensez-vous du travail frontalier : gangrène-t-il notre territoire ? Faut-il fermer les frontières ? »

Edouard Choulet a dû se découvrir une nouvelle vocation lors de ces échanges de courriels : assurer le SAV de l’extrême droite la plus dure. Il se propose de casser les clichés dont souffrent les groupuscules néonazis :
      « Et bien justement, cassons ce cliché « de la haine raciale » »
bettoni116

Edouard Cholet propose d’assurer le SAV du groupuscule néonazi. S’il met un peu d’eau dans son vin, un brillant avenir lui est promis du côté de Minute où il pourra être responsable de la communication du FN

Puisque le journaliste Edouard Choulet se sert de son adresse mail professionnelle pour échanger avec un néonazi avec lequel s’installe une certaine connivence, nous nous interrogions sur les positions du Groupe Publipresse.

Nous aimerions donc savoir si le Groupe Publipresse cautionne le fait  qu’un de leurs journalistes utilise sa position et ses informations pour dénoncer une personne sans-papier et ainsi la rappeler au bon souvenir de la préfecture. Cela rentre-t-il dans le champ éthique et déontologique de la profession ?

Est-ce que le Groupe Publipresse approuve le fait qu’un de leurs journalistes utilise son rôle supposé dans l’expulsion de cette personne sans-papier pour se rapprocher d’un suprémaciste blanc ? Au-delà, le Groupe Publipresse partage-t-il également le projet de son journaliste de « casser le cliché « de la haine raciale » » ?

Parce que ces questions nous paraissent capitales, nous proposons de les poser directement aux collègues de l’intéressé, à savoir la rédaction de La Presse Bisontine, ainsi que les co-gérants du Groupe Publipresse, dont voici les contacts publics (via do not link).

st

La rédaction de La Presse Bisontine et les co-gérants du Groupe Publipresse approuvent-ils les méthodes d’Edouard Choulet ?

À l’heure où on parle de la ré-attribution de la carte de presse, au vu des méthodes employées, le journaliste Edouard Choulet mérite-t-il la sienne ?

 

Source originale des captures d’écran des échanges :