Archives mensuelles : mars 2013

Antifa-washing du PS, non merci !

Titre un peu provocateur pour un premier billet. Mais pas moins que la présence de militants du Parti socialiste dans un rassemblement antifasciste. Pourquoi ?

Parce  que comme nous l’avons si souvent dénoncé sous le diktat sarkoziste,  les politiques d’expulsion n’ont pour autre but qu’opposer sur des  critères « raciaux » des classes laborieuses, victimes du capitalisme. Diviser, encore et toujours, pour éviter d’avoir à  affronter la révolte sociale. Et le PS, en bon parti bourgeois et  capitaliste, reproduit ce schéma sans vergogne, et sans crier gare. Le  ministre Valls bat même les « records » d’expulsions de ses prédécesseurs  Guéant ou Hortefeux des gouvernements Fillon. Et franchement, il  fallait le faire pour un parti qui fut par le passé progressiste.

complices des politiques réactionnaires et xénophobes

sanspap

Expulsions de sans-papiers de 1990 à 2006. La période 1997-2002 marque une diminution

Les années Jospin ont par exemple marqué un infléchissement dans les politiques de reconduites à la frontières. L’élection de Hollande suscitait l’espoir, et un vrai changement était attendu  dans ce domaine. Il n’en a rien été. Bien au contraire. Ministres du gouvernement Ayrault ou élus locaux PS rivalisent de zèle pour appliquer les pires politiques réactionnaires et xénophobes. Les militants socialistes auront beau tenter toutes les pirouettes argumentaires qu’ils voudront, ils n’en sont pas moins complices de l’exécution de ces exactions.

Parce que ces politiques, l’idéologie qu’elles véhiculent et les bas instincts qu’elles flattent, sont justement ce que nous combattrons ensemble ce samedi à Besançon. Mais aussi à Chartre-de-Bretagne le même jour dans une manifestation antifasciste unitaire, dont le PS ne fait pas partie des signataires. Et pour cause, il assume pleinement le choix de ses politiques.

des roms toujours traqués et expulsés

Malgré les promesses du candidat Hollande qui s’était engagé à rompre avec ce qui n’est rien d’autre qu’une chasse à l’Homme, la politique du Ministre Valls s’inscrit dans la parfaite continuité de l’action du précédent gouvernement de la droite réactionnaire. Basée sur des préjugés racistes, la stigmatisation permanente des roms est une dérive xénophobe qui surfe sur les idéologies les plus nauséabondes et évoque les heures les plus sombres de l’Histoire récente de la France.

Sous Valls, comme sous Guéant ou Hortefeux, la police évacue manu-militari des camps, détruisant caravanes et véhicules, souvent les seuls biens dont jouissent ces populations, sans même leur laisser le temps de récupérer leurs affaires. Les habitants de ces camps vivent généralement dans des conditions d’hygiène déplorables, sans que les pouvoirs publics ne s’en préoccupent. Bien souvent, les collectivités territoriales, majoritairement PS,  ne mettent pas d’installation sanitaire en place, laissant les terrains complètement à l’abandon, afin de faciliter les procédures de déclarations en insalubrité.

Sous Sarkozy, les télés étaient convoquées lorsqu’il s’agissait de procéder à ces expulsions. Sous Hollande, le côté spectaculaire est mis de côté. Les expulsions demeurent. Voilà le seul changement.

Signe de la proximité du PS avec la droite, le sénateur UMP Serge dassault, grand bourgeois réactionnaire, a félicité publiquement et chaleureusement le Ministre de l’intérieur Valls, lui assurant le soutien sans faille de son journal, Le Figaro.

le maire PS organise un apartheid

racisme

Militant FN ? Non, sympathisant PS.

Au delà de la stigmatisation, ce sont carrément des politiques ségrégationnistes qui sont mises en place au niveau local. Ces politiques frappent particulièrement les enfants. Ainsi, dans la commune de Ris-Orangis, le maire PS a organisé la séparation en refusant d’inscrire les enfants roms à l’école communale. Alors que ceux de la commune s’y rendent, les enfants roms se retrouvent dans une annexe d’un gymnase où une enseignante spécialisée s’efforce tant bien que mal de leur apprendre le Français. Tâche qui n’est pas facilité par le fait qu’ils ne fréquentent pas les autres enfants. Le maire PS organise donc un apartheid contre l’avis de la directrice de l’école, justifiant du caractère provisoire de cette mesure, tout en essayant de faire expulser le camp voisin. En France, l’école est censée être obligatoire pour TOUS les enfants.

pas de régularisation des sans-papiers

Traditionnellement, la gauche arrivant au pouvoir a toujours procédé à des régularisations massives des sans-papiers, permettant à ces travailleurs de l’ombre de jouir enfin de statuts légaux sur le territoire et de bénéficier de la même protection sociale que tous les autres travailleurs. Ces régularisations même si elles ne résolvaient pas le problème de fond avaient au moins le mérite d’effacer quelques injustices. Avec l’arrivée de ce gouvernement, beaucoup avaient l’espoir de voir un geste positif adressé aux sans-papiers, surtout après les sombres années de gouvernance sarkoziste dont nous sortions. Espoir bien vite balayé par la nomination de Valls à l’intérieur dont l’amplification de la politique d’expulsions massives a fait passer le nombre de reconduites à la frontière à 36 800. La norme sarkoziste était au départ de 29 000 annuelles. Les expulsions sommaires à Mayotte continuent encore et toujours, et ce dans l’indifférence générale. Qu’aurions-nous dit en voyant les Jeunes Pop’ débarquer à un rassemblement de soutien aux sans papiers ? Qu’ils se foutent de notre gueule ! Ainsi, vu l’absence de rupture entre le sarkozisme et la politique de Hollande, il apparaît tout aussi absurde de laisser ces complices venir s’y montrer. Même politique appelle même condamnation de notre part. Et nous ne voyons pas au nom de quoi nous devrions faire une différence entre ces militants « socialistes » et leurs compères de l’UMP.
Comme si cela ne suffisait pas, et contrairement aux promesses de campagne du candidat Hollande, la kommandantur au pouvoir persiste et continue d’enfermer des enfants dans ses Centres de Rétention Administrative malgré les condamnations de la Cour européenne des droits de l’Homme. En 2013, en France, on emprisonne des enfants pour le « crime » de ne pas avoir un bout de papier en poche, pour le « crime » d’être nés de parents non-français. Si c’est cocasse venant de ceux qui ont expulsé à tout-va des années durant, il est à noter que même la droite conservatrice s’en émeut.

un discours populiste et chauvin se développe au sein du PS

A ces politiques indignes d’un parti se réclamant de l’Humanisme et du Progressisme s’ajoute un populisme que le Front National ne renierait pas. Lors de la primaire PS, le candidat à la investiture PS Montebourg n’a pas hésité à développer des discours protectionnistes que l’on croyait exclusifs à l’extrême-droite. Le cas Montebourg a fait école, et dorénavant, on ne s’étonne plus de voir au PS se développer toute une rhétorique autour du « patriotisme économique ».

filoche

Quand Gérard Filoche du BN du PS reprend le « bankster » popularisé par Léon Degrelle, militant nazi Belge, engagé dans les waffen SS.

Evidemment, adhérer à ce genre de discours, c’est faire bien peu de cas des enseignements de l’Histoire et oublier bien vite où ont mené ces politiques populistes. Au delà de l’inflation et de la vie chère qu’elles ont provoquées, elles ont mécaniquement fait monter des sentiments nationalistes chez les travailleurs, contribuant ainsi à opposer les prolétariats de diverses nations entre-eux. Les bourgeoisies aux intérêts divergents n’avaient plus qu’à agiter le flambeau du patriotisme pour envoyer tous ces prolétaires se faire la guerre.

Devenu ministre, Montebourg banalise ce discours. Bien des partis embrayent, y compris à la gauche de la gauche, laissant croire que de cette voie pourrait surgir un avenir meilleur. Aujourd’hui réapparaît au sein des couches populaires et du prolétariat français un sentiment germanophobe que l’on croyait définitivement disparu. La bourgeoisie boit du petit lait car pendant que les travailleurs sont bercés au patriotisme, ils oublient la seule lutte qui compte. La diversion du ministre en Marine-ière est réussie.

Que ces dirigeants se réclament de la Gauche, de l’Humanisme ou du Progressisme n’a plus de sens. Pire encore, les militants PS de la base sont particulièrement absents lorsqu’il s’agit de dénoncer les dérives xénophobes et populistes de leurs représentants, peu regardants qu’ils sont et tous encore à leur joie d’avoir gagné une élection présidentielle. Comme si l’on pouvait s’en satisfaire.

Par ailleurs nous connaissons la capacité de certains de ces protagonistes socialistes à reprendre à leur compte ce type de rassemblement dans de belles opérations d’antifa-washing, comme les multi-nationales font du green-washing. La présence de militants socialistes à ce type de manifestation n’aura aucune valeur et ne sera donc pas souhaitée tant qu’ils seront dans l’incapacité de rompre avec un parti aux dérives réactionnaires, nationalistes et xénophobes.

Ces politiques sont inacceptables et aucun cas compatibles avec l’engagement et le militantisme antifa.

Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos.

Parasite et Pedrolito